Quelques explications sur Patreon

Je me rends compte que je n’ai jamais pris le temps d’expliquer ici ce qu’est Patreon, à quoi ça sert, ce que j’y publie et pourquoi je te demande tout le temps de t’y abonner. Remédions à cela !

Alors, déjà, pardon pour cet oubli. J’ai souvent tendance à croire que quelque chose de connu pour moi l’est forcément pour les autres mais dans les faits ce n’est absolument pas le cas. Il est fort probable que tu n’aies aucune idée de ce qu’est Patreon, et c’est bien naturel, donc je vais essayer de t’expliquer ça clairement (parce que même moi au début, j’ai eu un peu de mal).

Qu’est-ce à dire que ceci ?

Patreon est une plateforme américaine de soutien à destination des créateur·ices de tout bord (artistes, journalistes, musiciens, peintres, photographes, écrivains, poètes, chanteurs, podcasteurs…). Littéralement, en anglais, « patron » signifie « mécène » et c’est exactement le principe de la plateforme. Ainsi, sur Patreon, des mécènes (aujourd’hui on dirait « fans » ou « abonnés ») peuvent soutenir l’activité d’un·e artiste avec un paiement mensuel de X€, leur permettant de poursuivre leur création, de produire des contenus, tout en touchant une rémunération plus ou moins élevée selon la taille de leur communauté. L’artiste, ainsi, ne gagne plus d’argent uniquement en vendant ses créations (ex : un CD pour un chanteur, un t-shirt pour une graphiste, un livre pour une écrivaine…) mais reçoit une forme de salaire, un revenu mensuel, qui lui assure une certaine sérénité financière et surtout une grande liberté. Et puis, de voir que 5, 10, 100, 1000 personnes sont prêtes à te donner quelques euros chaque mois, pour que tu créés des choses, c’est un sentiment exceptionnel !

J’ai connu Patreon grâce à une de mes artistes fétiches, la seule, la grande l’unique, Amanda Palmer. Elle a été une des première artiste à faire appel au crowdfunding pour produire un de ses albums dès 2012, après avoir envoyé chier son label en 2010. Elle a réuni 1,2 millions de dollars à l’époque, faisant de son projet l’un des plus financés de la plateforme Kickstarter et produisant une onde de choc dans l’industrie musicale, quand les artistes ont compris à quel point leur fanbase était prête à les soutenir massivement en amont de leur création et non plus seulement quand le contenu sortait. Elle a ensuite raconté son histoire lors d’un TED Talk puis dans un livre « The Art of Asking », que je te recommande plus que chaleureusement.

Grâce à l’incroyable succès de son Kickstarter, Palmer a ouvert la porte à une pratique désormais courante dans la musique, mais aussi dans de nombreux autres domaines de création (jeux vidéo, audiovisuel…) et ce n’est pas par hasard si elle a été l’une des première à rejoindre Patreon en 2015. Elle y a aujourd’hui une communauté de plus de 15.000 mécènes qui lui donnent entre 1$ et 250$ par création – sur Patreon on peut choisir d’être financé par des donations mensuelles ou pour chaque « création » que l’on produit. Elle diffuse entre une et cinq créations par mois en moyenne je dirais (chansons, clip, vidéo, photographies, podcast…) ce qui lui assure environ 40.000$ de revenus mensuels qu’elle utilise pour payer son équipe, financer ses séances de studio, louer des salles pour des concerts, payer d’autres artistes pour réaliser ses photographies, manger, payer son loyer etc.

Je suis une des mécènes d’Amanda Palmer depuis le début et j’ai pu voir l’évolution de la plateforme avec elle, mais aussi, être le témoin de la puissance de la communauté dans la création artistique. Pendant longtemps, j’ai fantasmé à l’idée d’avoir une fanbase pour me soutenir financièrement mais je me disais que personne, jamais, ne serai intéressé par ce que j’écris. C’est vrai quoi, je ne suis qu’une petite « blogueuse » du dimanche, une scribouillarde sans talent, qui pourrait avoir envie de me donner de l’argent pour des textes pas vraiment meilleurs que ceux que je publie sur mon blog gratuitement ?

Ça, c’était ce que je pensais avant. Puis, est arrivée Jack Parker aka Taous Merakchi.

Jack Parker did it !

Taous Merakchi est une autrice française. Elle est surtout connue pour ses articles publiés pendant des années sur MadmoiZelle, le podcast « Mortel », qu’elle a fait avec Nouvelles Écoutes, mais aussi pour ses ouvrages « Le Grand Mystère des Règles » et plus récemment, son grimoire de la sorcière moderne « Witch, Please » (évidemment, je te recommande les deux à fond les ballons – pas l’emploi de cette expression, en revanche).

Taous Merakchi, comme moi, a toujours eu des blogs, a toujours partagé son contenu en ligne, qu’il s’agisse de billets d’humeur ou d’articles plus « pros » sur des sujets allant du féminisme en passant par le cinéma de genre ou la sorcellerie. Bien qu’elle soit éditée régulièrement par des maisons reconnues, qu’elle gagne j’imagine quelque menue monnaie pour ses livres déjà parus, et qu’elle semble avoir de nombreux projets sur le feu, elle a choisi de demander à sa communauté de la soutenir sur Patreon afin de s’assurer un revenu mensuel plus ou moins fixe – parce qu’il n’existe pas de chômage pour les artistes-autrices pour les périodes sans activités et que malgré tout, il faut manger.

Loin de trouver la démarche idiote, je suis évidemment allée m’abonner à sa page pour apporter ma petite pierre dans la construction de sa carrière d’autrice. Et rapidement, voyant qu’elle recevait de nombreux soutiens et encouragements, je me suis dit que, hey, pourquoi pas, moi aussi, je pourrai tenter le coup ? Moi aussi, même si je n’ai pas sa notoriété ni sa communauté, je pourrai être capable de trouver deux-trois personnes prêtes à me donner 1€/mois pour m’encourager dans mon ambition d’écrivaine.

Alors je l’ai fait, j’ai créé ma page. Enfin, ma page était créée depuis longtemps parce que l’idée me taraudait depuis des mois, disons plutôt que j’ai enfin fini par cliquer sur « Lancer la page ».

C’était le 11 janvier 2020.

Mon Patreon à moi

Alors, évidemment, je ne suis pas Amanda Palmer ou Taous Merakchi, mais j’ai déjà quelques personnes qui me soutiennent tous les mois et me permettent de gagner une trentaine d’euros. En contrepartie, ielles ont accès à des textes que je ne diffuse pas ailleurs ainsi qu’à des informations « exclusives » sur mes projets – infos que je garde la plupart du temps pour moi par peur de voir les choses capoter, parce que je suis une anxieuse doublée d’une superstitieuse maladive.

Sur cette page, à la différence de sur ce blog, je m’autorise à l’écriture de textes plus « créatifs ». Je publie des histoires courtes de fiction, souvent, des fiches de lecture sur les livres que j’ai lu et aimé, des récits basés sur mes rêves de zinzin… bref, des choses qui ne rentrent pas vraiment dans la « ligne éditoriale » du blog mais que j’avais envie d’essayer d’écrire depuis longtemps. Patreon me permet d’explorer des contrées artistiques que j’avais toujours eu peur de visiter, d’expérimenter avec l’écriture comme j’ai pu le faire lors d’ateliers, librement, sans pression, sans peur. Le fait de recevoir de l’argent en échange de ces explorations, c’est une manière pour moi de me rassurer, de me dire que j’ai une chance de réussir dans le vrai monde de l’industrie du livre, que je suis capable d’être autrice professionnelle. Que des gens sont prêts à payer pour me lire.

J’en ai déjà la preuve avec les ventes de Gidéon : malgré ses dizaines de coquilles et une mise en page d’amatrice, j’ai déjà vendu près de 70 exemplaires en cinq mois, sans publicité et avec une période de pandémie/confinement au milieu ! Malgré tout, je suis encore pleine de doutes : j’ai tellement peu confiance en moi que je me dis que les gens qui ont acheté le livre, c’est mon entourage, mes ami·es, qu’ielles l’ont fait pour être gentil·les, pour me faire plaisir pas parce que ce je fais est bon ou intéressant.

Avec Patreon, je tente de me rassurer encore plus. Et ça fonctionne puisque des gens payent chaque mois pour lire mes textes alors que je ne suis pas très bien organisée ni très régulière, et en plus, ielles me font des retours hyper positifs.

Et même si j’ai toujours du mal à y croire, ça me fait un bien fou, ça me motive pour travailler et oser aller dans des directions que j’avais peur ne serait-ce que d’envisager. Ça me fait me sentir légitime, professionnelle et ça booste ma confiance en moi en tant qu’artiste mais aussi en tant que personne.

Ça me laisse entrevoir un futur où je serai rémunérée pour mes écrits et ce futur j’ai envie d’en faire ma réalité, mon présent, dès maintenant.

Tu viens m’aider à réaliser mon rêve ?


Pour me soutenir sur Patreon à partir d’1$/mois ( j’aurai bientôt la possibilité de passer les paiements en euros), clique sur le bouton ci-dessous ou dans la colonne de droite ! Tu y trouveras toutes les informations sur les différents niveaux de soutien que j’ai choisis. Merci !

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