Antigone wild

Le random à l’état pur, la sérendipité, le hasard dans toute sa splendeur. En parlant avec un de mes amis sur nos lectures respectives, il m’a conseillé de lire “Les âmes silencieuses” de Mélanie Guyard en me disant qu’il avait adoré, tout comme “Antigone” de Anouilh. Je me suis donc dit, tiens, emprunte donc ces deux ouvrages à ta médiathèque la plus proche, tu n’as déjà pas trente bouquins en permanence dans la ta PAL ! Ainsi fut dit, ainsi fut fait et je commençai donc par Antigone, parce que c’était le plus court des deux livres.

J’ai une très mauvaise culture classique et une culture théâtrale encore moins bonne. J’ai beau être un pur produit de la section L, dreadlocks et pétards option goth, je suis définitivement plus une fan de littérature contemporaine. Antigone, je connaissais vaguement le mythe, mais je ne l’avais jamais lu. J’avais étudié à reculons Œdipe Roi au lycée, et même si je n’en garde pas un mauvais souvenir, je ne me rappelle plus trop du contenu de la pièce et ne garde aucune passion pour la tragédie grecque.

Ainsi, quand je débutai la lecture d’Antigone, j’avais déjà oublié que c’était un des sequels d’Œdipe et qu’Antigone était une des filles du mec qui a tué son père, chopé sa mère et s’est crevé les yeux quand il a compris qu’en essayant de modifier le destin, il s’était jeté en plein dans ses bras. Bisous à Freud. En revanche, j’avais un reste de compréhension des codes du théâtre antique, notamment, de ce que représentait Le Chœur, ce narrateur omniscient qui permet au spectateur de raccrocher les wagons avec les épisodes précédents et qui annonce les intrigues à venir en mode full spoil mais que c’est normal, c’est comme ça dans la tragédie.

Je ne vais pas te mentir, je n’ai pas été particulièrement émue par les aventures d’Antigone et de sa famille où tout le monde où presque meurt à la fin. Mais il s’est passé un truc très étrange : ça m’a donné envie 1. de relire Œdipe Roi, 2. de lire la version originale d’Antigone de Sophocle, 3. de voir Antigone d’Anouilh et de Sophocle jouées, 4. de lire du Racine et du Corneille, 5. d’écrire une version moderne d’Antigone à ma sauce.

QUEL EST LE FUCK ?

Que se passe-t-il ? Je ne bite rien au théâtre, je n’ai pas les codes, je n’ai pas lu les classiques et me voilà à avoir des idées pour une réécriture de cette pièce ?

En plus, j’imagine un truc entre Grease, Roméo + Juliette de Baz Luhrmann et la série The Shield. Sérieusement, je ne sais pas d’où ça sort parce que la version d’Anouilh est apparemment plus située dans la période seconde guerre mondiale que guerre des gangs… Mais voilà, mon imagination est en train de m’emporter dans cette direction et mon âme de Terminale L me dit que pour bien saisir l’essence de la pièce pour mieux me l’approprier et la réécrire vraiment à ma sauce, il faut que je me tape toute l’intégrale de la saga + d’autres pièces classiques parce qu’apparemment c’est important.

Ok.

Je vous tiendrai informé·es s’il y a un aboutissement à tout ça. En attendant, je vais finir de regarder Antigone avec Robert Hossein (obviously, une pièce de théâtre sans Robert Hossein, ça n’aurait pas assuré le cliché jusqu’au bout), lire puis regarder la version jouée d’Antigone de Sophocle (bah voyons !) et partir à la découverte de Racine et Corneille (mais bien sûr !).

Adieu.

Va, je ne te hais point ! (quoi ?)

Non, franchement, ne m’attendez pas, je ralentis le groupe avec mes idées à la con…

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