Frenchcore, nu-métal et moi et moi et moi

Tous les jeudis, je raconte les albums et les artistes qui ont marqué mon existence et surtout mon adolescence. Du lourd, du dossier, du bon mais aussi du mauvais. Bienvenue dans mes Throwback Thursdays !

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Au lycée, entre quelques rotations des albums de Manson (Holywood est sorti pendant mon année de première), de Korn (Issues <3), de Coal Chamber ou de Slipknot, mes oreilles trouvaient quand même de la place pour les groupes français.

Et au début des années 2000, c’est un festival.

Team Nowhere represent

Biberonnée pendant des années au gros son ricain de Korn, Limp Bizkit, Deftones, Pantera ou encore Sepultura, la scène métal française s’approprie enfin le genre, osant le chant en français et formant même des crews à l’américaine pour « gentiment » se tirer la bourre.

Baggys et pompes de skate sont de rigueur, c’est la grande époque du gel « effet béton » qui permet aux mecs les plus hardcore d’arborer des coiffures pointues (au sens littéral du terme) et aux nénettes aussi d’ailleurs.

nu metal fans
J’aurai clairement pu être sur cette photo ou dans cette foule.  Source

Pour faire simple, si en 2000-2002 t’étais un mec d’environ 16-18 ans, vaguement skater, t’avais un t-shirt xxxl Korn, un collier et/ou une ceinture à pointes et éventuellement un piercing à l’arcade, soit t’étais mon ex du lycée (bisous Thibault), soit le prochain qui allait faire chavirer mon petit cœur d’adolescente, mais surtout, t’étais au sommet du cool.

Mais revenons à notre propos, la musique. Début 2000, des petits français se mettent à former des groupes et à envoyer des sons plutôt novateurs, clairement influencés par la scène US et à la fois so frenchy. Toujours plein d’imagination lorsqu’il s’agit de ranger les gens dans une boîte, on (journalistes musicaux, fans, groupes eux-mêmes…) a appelé cette mouvance le « Frenchcore ».

Pleymo, Watcha, Enhancer et toute la smala

Du côté de la scène parisienne, ça foisonne de bons groupes et je serai aujourd’hui incapable de tous te les citer. Mais de mon époque vague nu-métal française, je retiendrai surtout Watcha, Pleymo et Enhancer.

Ces trois groupes ont pondus chacun à leur manière, des albums emblématiques de cette mouvance. Un exemple par exemple : l’album Veliki Cirkus de Watcha qui est, encore aujourd’hui, à mes yeux, un petit bijou. Avec son incontournable Sam 2 en ouverture de l’album (Sam dont les aventures sont racontées sur tous les albums du groupe), la voix inimitable de Bob (le mec le plus gentil de la scène métal française à l’époque, sans déconner), les textes créatifs, ses riffs puissants…Watcha envoie sacrément du bois. Je te conseille vivement d’écouter cet album. Fais-le. Clique. Et surtout, mets le son bien fort, sinon, ça marche moins bien.

J’avais moins accroché avec leur premier album mais j’ai tout de même bien aimé le suivant Mutant qui avait son petit lot de chansons sympas (Cool, And The Beat Goes On, Sam 3…) même si le style différait clairement de celui de Veliki Cirkus (je pense que c’est du à une sorte de tendance de l’époque de faire du nu-metal plus orienté pop-rock, dont Pleymo a également été victime, avec plus de partie chantées, plus de mélodies, et du coup, j’ai eu une impression que les mecs se ramollissaient, perdaient un peu leur âme « hardcore »).

Le groupe suivant, tu peux y aller les yeux fermés si tu aimes 1. les sons électro qui tirent un peu sur la tek, 2. le chant rappé et les punchlines, 3. les grosses guitares. Tout ça bien mélangé, ça donnait Pleymo et c’était surtout une énergie exceptionnelle. A l’écoute de leur premier album Keçkispasse, tu étais généralement pris d’une folle envie de bouger, de sauter, de sentir la sueur de tes congénères se mélanger à la tienne dans une salle de concert beaucoup trop petite. A noter que le groupe a eu le privilège d’être l’un des premiers groupes français à intégrer un DJ en son sein et ainsi, de proposer un son inédit et de s’octroyer directement +1000 points de cool.

Écoute donc la chanson d’ouverture de Keçkispasse, Yallah. Et puis écoute l’album en entier d’ailleurs, ça fait toujours du bien !

Leur second album, Medicine Cake a également occupé une grande place dans ma discographie et dans mon cœur, avant que le groupe ne me le brise en 2003 quand il sortira Rock, un album de soupe pop qui restera une grosse incompréhension voire une trahison pour moi et de nombreux autres fans de Pleymo.

Quelques mots maintenant sur Enhancer, potes de Pleymo, acolytes de la Team Nowhere et punchliners parmi les punchliners. Clairement plus orienté rap et hardcore que les deux groupes cités précédemment, Enhancer avait un son bien plus brutal et sans fioritures. Les mecs ne faisaient clairement pas dans la dentelle, t’envoyaient des gros sons de grattes, du gros chant soit rappé, soit hurlé et des punchlines par rafales.

Et puis c’est tout. Mais c’est déjà pas mal.

Leur morceau Hardcore vs Dancefloor est cultissime et je m’en délecte encore régulièrement aujourd’hui. Et toi aussi d’ailleurs, va donc t’en délecter dès à présent !

Du nord au sud

Mais il n’y a pas que Paris dans la vie, il y a Marseille aussi. Même si d’autres groupes français de génie viennent de la capitale, comme Lofofora, Mass Hysteria ou Black Bomb A, la scène Marseillaise et plus largement du sud de la France a également eu son lot de réussites.

ETHS, Tripod, Babylone Pression et tous ceux qui passeront par le collectif Coriace montrent aux petits parigots que Marseille est aussi capable de leur faire mal musicalement.

Du coté de Bordeaux, berceau de Noir Désir deux décennies ou presque avant, on a vu naître Gojira à cette époque (juste un des plus gros groupes de métal français à l’heure actuelle), tandis qu’à Toulouse, les mecs de Sidilarsen envoyaient pas mal aussi.

Et moi pendant ce temps là, à Lyon, je soutenais des groupes comme les Troides Priamus Hecuba (méga cœur avec les mains pour ces mecs !)

Bref, la scène nu-métal française au début des années 2000 avait une putain de gueule.

French Touch mais avec des guitares

Pour moi, ces groupes, et tous ceux que je n’ai pas cité, sont une putain de fierté chauvine de française à deux balles. A une époque où nous étions nombreuses et nombreux à ne jurer que par les groupes ricains, découvrir que la France avait son lot de groupes qui décollaient la rétine m’a fait réaliser que la France avait un incroyable talent, celui de produire autre chose que de la soupe commerciale (même si je nous savait déjà balaises en groupes de punk).

Je passai alors une partie incroyable de mon maigre argent d’étudiante à écumer les concerts dans toutes les salles Lyonnaises pour aller applaudir ces groupes et d’autres dont les noms ont depuis quitté ma mémoire (pardon). Je dois encore avoir quelque part la photo de Bob de Watcha entouré de ma meilleure amie et moi, ainsi que la veste militaire que j’arborais en toutes circonstances et sur laquelle il m’avait signé un autographe. #FanGirlingHard

Quand je réécoute ces albums, mon T.A.R.D.I.S. musical me ramène immédiatement au Transbordeur ou au CCO, dans la rue Sainte Catherine ou dans l’appart d’une de mes potes de fac. C’est l’époque des mes études à Lyon. La fac d’anglais, ma première chambre étudiante, l’indépendance.

C’est grâce à Enhancer et la chanson Les Kidz que je suis devenue amie avec Julie et ça fait 15 ans que ça dure.C’est grâce à mon mec de l’époque que j’ai loupé le concert de Pleymo parce que cet idiot avait réussi à finir sa soirée en garde-à-vue… #BadBoy #FauxPlan #NeFaitesPasCaLesJeunes

C’est aussi grâce à la scène nu-métal que j’ai commencé à écrire pour Santagore (RIP), webzine spécialisé dans la scène métal lyonnaise. Mes premières chroniques d’album, mes premières interview de groupes, mes premiers concerts gratos parce que j’avais un pass « presse »… C’est grâce à ce style de musique que j’ai pour la première fois écrit pour d’autres personnes que moi.

C’est un peu grâce à ces groupes si tu me lis aujourd’hui.

giphy

Ce qui est amusant, c’est que je n’ai pas l’impression que leur musique ait tant vieilli que ça. Les sons restent encore propres, les textes encore bien écrits et les rythmiques agressives. Je n’ai pas l’impression que ça soit kitsch.

Comment ça, je ne suis pas objective ?

Ta gueule.

Nu-Métal français meurt jamais !

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Auteur : Leeloo Rocks

Woman, France, writer, blogger, geeky mother, former roller derby player, community manager and communication worker, rock music lover, artists interviewer... and many more things that rhyme with -er !

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