Uncommonmenfrommars – Vote For Me (2001)

Tous les jeudis, je raconte les albums et les artistes qui ont marqué mon existence et surtout mon adolescence. Du lourd, du dossier, du bon mais aussi du mauvais. Bienvenue dans mes Throwback Thursdays !

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uncommonmenfrommars leeloorocks TBT

L’année de mon bac, j’ai, pour la première fois, passé mon été à travailler dans un camping du sud de la France. Nous étions une petite bande de jeunes, à peine majeurs, à composer l’équipe de ce lieu de vacances, dont moi à l’épicerie et mon amour du lycée au four à pizza, rapidement rejoints par quelques potes venus squatter – c’était l’occasion de passer des vacances sans parents.

C’est pas intéressant ? Tant mieux, je suis pas là pour parler de ça !

En guise de BO cet été-là, on écoutait évidemment les groupes qui cartonnaient à l’époque : System Of A Down, Korn, Deftones, Marilyn Manson… et au milieu de tout ça, un groupe de « locaux » (une partie du groupe avait grandit en Ardèche), Uncommonmenfrommars qui avait sorti son premier album, Vote For Me un an plus tôt.

uncommmonmenfrommars vote for me 2001 cover uncensored

J’avais entendu parler de ces quatre garçons dans le vent version « skate punks » quelques mois auparavant grâce à leur premier single, Fat Boy, diffusé dans un sampler du magazine Rock Sound (pour toi le jeune, il s’agissait d’un CD d’une quinzaine de titres, vendu avec un magazine, pour la modique somme de 5,90€. Époque pré-internet, c’était le meilleur moyen de se tenir au courant des dernières sorties et d’avoir de la musique cool à passer en soirée). Mon copain au lycée était fou de ce groupe et m’avait donc copié l’album sur cassette, parce que rien ne dit plus « je t’aime » qu’une cassette audio remplie de musique cool (sauf un CD gravé rempli de musique cool mais on n’avait pas encore les moyens de se faire des cadeaux de riches).

I wanna see your coconut

Musicalement, les types n’inventaient rien, ils faisaient du punk californien, mais ils avaient un petit quelque chose qui faisait que je les appréciais plus que NOFX ou Pennywise, qui, je t’avoue, n’étaient pas trop ma came à l’époque.

Avec Vote For Me, les UMFM offraient un album punk rock qui reprenait tous les codes du genre, bien comme il faut, mais ils y ajoutaient un bonne grosse rasade d’humour et de connerie qui en faisaient un album que je résumerai en un mot : fun. « Comme tous les albums de punk rock du début des années 2000 » tu me diras, et je te répondrai oui, certes, mais je ne sais pas, ils me faisaient encore plus marrer que des Blink-182 (qui étaient quand même déjà bien installés) ou des Sum 41 (qui émergèrent la même année environ).

blink 182 2002
Et portant ils avaient tout pour me plaire ❤

Est-ce que ça tenait aux paroles de leurs morceaux, entre rébellion adolescente (Tatoo, Vote For Me, Matrix Is Real) et franche rigolade (Coconut Island, Come To Jamaica), entre hymnes punks (78, Security) et chansons de skaters (Pizzaman, Dumb) ? Certainement.

Est-ce que ça tenait à leurs mélodies accrocheuses, leur rythmiques souvent empruntées au ska, leurs lignes de basse, leur chant gentillet ponctué de quelques oï oï bien placés ? Aussi.

Toujours est-il qu’à l’heure où j’écris ces lignes, je redécouvre un album que j’avais oublié pendant près de 15 ans et que j’en connais encore toutes les subtilités. Qu’il me prend encore le cœur par la main et m’emmène dans le pogo avec un grand sourire. Qu’il me fait me trémousser sur ma chaise en sifflotant et qu’il provoque toujours un petit coup de bonheur en moi.

This is Spinal Tap

Fun fact : Je n’ai jamais réussi à trouver cet album en CD. En revanche, quelques années après, dans une disquerie Lyonnaise, j’ai chopé leur premier EP, « Welcome To… » où figure en piste non-cachée (contrairement à sa version sur Vote For Me), le morceau Come To Jamaica que je t’engage à écouter dès à présent jusqu’à la dernière seconde parce que si tu es cinéphile ascendant films drôles, tu saisiras la référence et sinon, ça sera drôle quand même !

spinal tap turn it to 11

J’ai pléthore d’autres funs facts inintéressants avec cet album et ce groupe (le poster géant des quatre gus à poil au dessus de mon lit dans ma chambre d’étudiante qui me tombe sur la gueule régulièrement, les jumeaux qui bossaient dans un skate shop de Lyon et sur qui je tombe par hasard dans le rayon des boards et à qui je murmure un timide et pathétique « j’adore c’que vous faites »…) et je trouve ça particulièrement fou que mon cerveau ait enfoui ces souvenirs pendant près de 15 ans !

Mais je sais très bien pourquoi il l’a fait ce coquin – hashtag psychologie de comptoir – il savait que cet album et moi, ça allait au-delà d’un coup de cœur musical, qu’il y avait du sentiment derrière et que ces mélodies aussi accrocheuses et funs soient-elles, pouvaient éventuellement me grattouiller un peu le cœur…

C’est pas faux.

Music is my TARDIS

Une fois encore, l’effet « capsule temporelle » d’un album me frappe. Je me revois ce fameux été, me faire faire mon premier piercing à l’arcade par une copine dans un auvent de caravane (ne faites pas ça chez vous, les enfants), faire la fête plus que de raison au lieu de me coucher tôt car je travaille le lendemain, négocier avec le DJ du camping de caser du Pleymo pendant la soirée discothèque (Blöööööhm), me faire briser le cœur pour la vraie grosse première fois quand mon mec me largue en plein milieu des vacances alors qu’on bosse et vit ensemble…

Ah voilà, on y est. C’était ça qui risquait de grattouiller.

doctor who david tenant 10

Parfois je me demande si les gens avec qui j’ai passé cet été 2002 éprouvent le même genre de sentiment en réécoutant les albums qu’on a écouté en boucle, si d’ailleurs ils les réécoutent…Peut-être qu’il n’y a que moi qui ai mis de la musique en pièce-jointe à mes souvenirs ? Peut-être que dans leurs têtes, la mélodie n’est qu’un vague bruit de fond sans importance. Peut-être que dans leur cœur, cet été-là a été supplanté par le suivant ou celui encore d’après…? Peut-être qu’ils ne sont pas déséquilibrés comme moi et qu’ils écoutent de la musique moderne de 2017 au lieu de fouiller leur discothèque et leur mémoire !

This too shall pass

Mais aujourd’hui, maintenant que plus de 15 ans sont passés (BORDEEEEL), mon cerveau m’autorise à me souvenir. C’est que ça ne doit plus faire (trop) mal. C’est que la musique doit pouvoir retrouver sa première fonction, sa dimension la plus simple : procurer du plaisir.

Et alors que je réécoute Vote for Me pour la 5ème fois depuis le début de la rédaction de ce post, que je chantonne inlassablement Pizzaman et Coconut Island, je constate effectivement que j’éprouve plus de plaisir que de peine, plus de nostalgie que d’aigreur.

Ça veut dire que je suis guérie ?

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Auteur : Leeloo Rocks

Woman, France, writer, blogger, geeky mother, former roller derby player, community manager and communication worker, rock music lover, artists interviewer... and many more things that rhyme with -er !

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