Dwayne Johnson’s Illusion

Faire du sport, tenter de dépasser ses limites, prendre le contrôle de son corps… Souvent, on se confronte plus à soi-même qu’à autre chose d’ailleurs et un beau jour, on arrive à un stade où « ouah, dis donc, c’est ‘achement bien ce que je fais, c’est de plus en plus facile, ça doit vouloir dire que je vais pouvoir refaire des trucs difficiles ! »

Et bien, sache que c’est pas forcément vrai en fait ! Tu crois que t’es The Rock, mais t’es juste The Gravillon ! Comme moi !

Comme The Rock

J’ai recommencé à faire du sport régulièrement depuis 4 mois maintenant. Je me rends dans une salle trois fois par semaine pendant une heure environ. A l’échelle de moi-même, c’est énorme, à l’échelle de vrais sportifs/athlètes, c’est peanuts. Malgré tout, j’ai réussi à me créer cette habitude : trois fois par semaine, pendant ma pause déjeuner, je vais faire du sport. Je n’y pense même plus, je regarde l’heure, midi, bim, je prends mon sac et je file.

(Merci le bouquin « Exercise everyday : 32 tactics » qui m’a donné des pistes pour m’aider à implémenter cette habitude)

Je suis inscrite dans une franchise de salles de fitness qui, par chance, possède une salle à deux minutes de chez moi et une salle à deux minutes de mon lieu de travail. Heureuse coïncidence qui me facilite la tâche et m’empêche de succomber à l’excuse du « c’est trop loin ».

Les premières séances ont été très dures. Sérieux. J’avais pris rendez-vous avec le coach de la salle, à disposition de tous les abonnés, pour qu’il me construise un programme en fonction de mes aptitudes et de mes contraintes surtout (#DosEnMousse). La première fois que je l’ai suivi, j’ai eu envie de mourir après les 20 minutes d’échauffement sur l’elliptique. Et j’ai eu des courbatures pendant une semaine.

Puis au fil du temps, mon corps s’est habitué. L’échauffement ne me tuait plus directement en début séance, j’étais de plus en plus à l’aise avec les machines, j’avais de moins en moins de difficulté à finir les exercices. J’ai commencé à augmenter les répétitions et/ou le poids. A allonger la durée de l’entraînement. A en faire un peu plus.

J’étais enfin devenue balaise !

Super ! Youhou ! Gloire à moi ! Je suis une sportive ! Je suis une athlète ! Je me voyais déjà rechausser les patins, ressortir l’équipement de roller derby et retourner aux entraînements toute fière, montrer à mes coéquipières qu’avec de la volonté, je pouvais faire fi de mon corps en merde et revenir auprès d’elles !

Mais ça c’était dans ma tête et surtout, c’était avant.

Avant quoi ?

Avant que la réalité ne me rattrape !

Un bon gros coup de réalité au cul

Deux événements m’ont fait redescendre sur Terre. Le premier était un entraînement de roller derby, où je suis retournée après deux saisons d’absence. Je savais que mon niveau serait bien loin de celui de mes anciennes co-équipières. Je savais que mon corps était encore fragile. Mais au fond de moi, je dois l’avouer, il y avait une partie de mon être qui croyait dur comme fer que les 4 mois d’exercice précédents m’avaient permis de récupérer ce que j’avais perdu.

« Dans quelle bulle de satin vis-je ? », me demande-je parfois.

Alors, j’ai pas non plus été totalement ridicule à devoir m’asseoir au bout de dix minutes, mais j’ai pas été aussi flamboyante et badass que je l’aurai aimé. J’ai tenu jusqu’au bout, certes, mais mon corps avait clairement pas eu le mémo comme quoi on était de nouveau en forme en fait.

Connard.

Et les courbatures durant toute la semaine suivante se sont également chargées de me rappeler mon erreur !

Retour au derby ? Nope. Premier échec.

La deuxième chose qui m’a bien remis le nez dans mon caca, c’est le Roller Derby Cross Training Club. C’est un cours de cross training que ma coach Kristen Adolfi propose via un site / appli, Train Heroic.

Elle-même ancienne joueuse de roller derby, elle a décidé de combiner un best of des meilleurs exos d’endurance, d’agilité et renforcement musculaire qui permettent de d’améliorer ses skills au roller derby. Pour le lancement de son cours sur l’app, elle faisait une promo sur le tarif, et comme je ne sais pas résister à une promo, ni à un test de nouveauté, j’ai décidé de m’y inscrire !

La première semaine d’exercice était consacrée aux exos de benchmark ou de repérage, c’est-à-dire, les exercices où tu vas tout donner pour voir ce que tu es capable de faire et qui te serviront de repères pour mesurer tes progrès ensuite.

Moi, croyant toujours que j’étais balaise et que j’avais joué de malchance avec cet entraînement de derby, qui était plus dur que d’habitude parce qu’il y avait des guests coachs qui étaient là, et que c’était un entraînement en niveaux mélangés et que [insérer encore une raison qui montre que je vis dans le déni]… je m’y suis mis en mode déterminée. C’est pas des petites courbatures de rien qui vont m’arrêter, non mais oh !

FAIL

Évidemment, si je t’en parle c’est parce que j’ai échoué. Pourquoi ? Deux raisons : j’ai voulu trop faire-trop vite et je n’avais pas le bon état d’esprit. Vois-tu, dans les séries d’exercices que la coach demandait d’exécuter, il y avait ceux que je déteste le plus sur terre, les burpees. Pour moi, ils ont été inventés par Satan lui-même (comme tous les exercices physique en vrai) sauf que là, il n’a même pas essayé de déguiser ça et de faire en sorte qu’on ne se rende pas compte que c’est de la torture.

Tiens si je faisais une pompe, que je remontais en sautant et que je finissais par un autre petit saut ? #TORTURE

Du coup, quand il a fallu que je m’y mette, au lieu d’appréhender la session avec un l’esprit ouvert et en me disant « allez, tu fais ce que tu peux, de toute façon tu ne peux que progresser », non… je me suis dit « allez, qu’on en finisse avec cette merde, de toute façon, ça me fait chier, je torche ça et je passe à autre chose » !

Super état d’esprit. Bravo. Un mental de championne.

Il n’en a pas fallu plus pour que je sois très rapidement épuisée et que je termine la session frustrée et pleine de douleurs parce que j’avais forcé là où j’aurai du avoir la présence d’esprit de ralentir pour ne pas me blesser.

Second échec.

Au lieu de me servir de ma détermination, j’ai utilisé de la rage pour me prouver quelque chose que je savais pertinemment que je ne serai pas capable de faire.

Au lieu de faire preuve de bienveillance envers moi-même et de gratitude envers mes capacités physiques – somme toute faibles mais existantes et en progression -, j’ai voulu me « déchirer », aller plus loin, aller plus haut (et croire encore en l’avenir comme Tina Arena).

Au lieu d’appréhender mon exercice du jour avec un état d’esprit positif, une envie de grandir et de me faire plaisir, j’y suis allée à reculons, en colère contre moi-même et la « faiblesse » de mon corps.

Forcément, ça allait pas me mener bien loin tout ça.

Enfin, si ça m’a mené à des courbatures de fou et des douleurs dans le dos comme j’en avais pas eu depuis des mois.

Bien joué, la vieille !

I learned something today

Parce qu’il faut savoir se servir de ses défaites pour en tirer des leçons, voici ce que ces deux échecs m’ont permis de réaliser :

  1. Je ne suis clairement pas encore remise de mes deux saisons d’arrêt et il me faudra bien plus que quelques mois pour avoir un niveau de forme physique équivalent.
  2.  Mon corps n’accepte plus le roller derby. J’avais arrêté d’imaginer pouvoir refaire des matchs mais j’espérais quand même pouvoir suivre les entraînements et faire des scrimmages de temps en temps. Là, à moins d’un miracle ou d’une colonne vertébrale en titane, c’est mort.
  3. Si je ne muscle pas plus mon dos, je souffrirai tout le temps à la moindre sollicitation.
  4. Ça ne sert à rien de vouloir sauter les étapes, de vouloir me surpasser à tout prix. Comme dit ma coach, « Slow and steady. You will be amazed at the progress you make if you take it nice and slow and patient. »
    En français : Doucement et sûrement. Tu seras surprise des progrès que tu feras si tu t’y prends gentiment, tranquillement et avec patience.
  5. The Rock ne s’est pas construit en un jour. Et bah ça sera pareil pour moi ! It’s a long hard road out of hell !

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Auteur : Leeloo Rocks

Woman, France, writer, blogger, geeky mother, former roller derby player, community manager and communication worker, rock music lover, artists interviewer... and many more things that rhyme with -er !

4 réflexions sur « Dwayne Johnson’s Illusion »

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