VDM : J’en ai plein le dos : Partie 2

La suite des aventures dorsales de Leeloo. Oh la la, mais quelle histoire passionnante !

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dr house image de la série

Urgences 2 : Mais que fait le Docteur Doug Ross ?

Re-retour aux Urgences. Je montre ma lettre à l’infirmier de garde qui me dit : « Ha mais ouais mais faut aller aux admissions normales, là, de l’autre côté du bâtiment ». Ok. Marcher est un supplice mais allons-y. Je dois avoir en tout et pour tout 20 mètres à parcourir. J’ai du mettre 20 minutes à les faire, accrochée au bras de Cher&Tendre, en chialant comme une tarée.

On arrive ENFIN au fameux bureau, évidemment blindé, c’est un hôpital, normal, où il faut prendre un petit ticket avant de passer. Re-chiale encore plus. On a du attendre 3 minutes, j’ai eu l’impression d’attendre 3 ans. La nana des admissions me voyant, me dit la phrase la plus sensée que j’ai entendue ce jour-là :

Mais pourquoi ils vous ont pas accepté tout de suite aux Urgences, ils sont cons ! Bougez-pas je vous appelle un brancard.

MERCI, putain !

Les brancardiers essayent de me faire rire pour que je me calme : je chiale, je suis prise de tremblements, je suis blanche comme un linge et en panique totale. Et bien sûr, j’ai mal, mais genre, MAL, genre, j’ai l’impression que je vais de nouveau accoucher sauf que je ne suis pas enceinte.

Je retrouve l’infirmier de garde qui me demande si je veux un anti-douleurs. T’as pas plus con comme question Jean-José ? Evidemment que j’en veux un ! Je suis pas en train de chialer depuis deux jours pour faire mon intéressante ! J’ai vraiment mal !

On attend ensuite deux heures avant qu’un médecin m’examine.

Dr Perplexe

Il me fait grosso merdo le même examen que Docteure Remplaçante : penche-toi en avant, test des réflexes, des sensations dans les jambes et les pieds, levage de mes jambes pour voir jusqu’où je peux aller (pas loin)…Et conclue pareil que tout le monde jusqu’à présent : c’est pas une sciatique, c’est pas un lumbago, mais on sait pas ce que c’est.

Ah.

Ce qui le gène, c’est que j’ai l’air de souffrir grave mais que j’arrive à me déplacer, même en galérant, et à me relever. Pour lui c’est pas normal. J’ai sûrement du regarder trop de séries médicales, mais je suis à deux doigts de penser que Docteur Perlexe me prend pour une camée qui cherche à avoir de la défonce légalement.

Mais je suis certainement paranoïaque.

Au final, Docteur Perplexe me dit que, oui, en effet, je peux aller faire l’IRM prescrite par Docteure Remplaçante. Il me prescrit à contre-coeur un scanner aussi, mais « je doute qu’on y trouve quoi que ce soit sur la raison de votre douleur » (note bien cette phrase), et une nouvelle ordonnance du cocktail habituel (je te dis pas la gueule de la pharmacienne quand elle m’a vu débarquer avec tout ça).

Je comprends alors que la vie n’est pas une série médicale. Je vis aux premières loges une vérité terrible : on ne garde pas les gens aux Urgences, on ne les hospitalise pas non plus en interne, on fait tout faire en externe, ça prend moins de temps et ça coûte moins d’argent.

Soit. Je rentre chez moi, je me couche, je prends tous les médicaments qu’on m’a dit de prendre et j’attends.

Et au bout de quelques jours, je commence à pouvoir sortir de mon lit pour aller faire pipi toute seule, sans l’aide de Cher&Tendre. Et même, j’arrive à prendre ma douche toute seule. Aujourd’hui, je suis autonome, même si j’ai toujours du mal à enfiler mes chaussettes et mes chaussures.

Scanner et IRM, comment on a enfin compris ce que j’avais

Il suffisait de pas grand chose pour comprendre et on aurait certainement gagné du temps en le faisant tout de suite aux Urgences, mais bon, je ne sais pas comment fonctionne le système médical hospitalier en France et je sais que la vie n’est pas une série télé donc peu importe.

Je suis allée passer un scanner, une semaine environ après ma première visite aux Urgences, donc deux semaines après le début de cet épisode de mal de dos. C’est comme entrer dans la Porte des Etoiles, mais allongée sur une planche. J’aurai pu attendre les résultats pour les avoir une heure après, mais je ne tenais pas, j’avais trop mal, fallait que je rentre prendre mes médocs. Je les ai eu le lundi suivant.

Hernie discale située en L5-S1 qui appuye sur le nerf sciatique à gauche.

Ah et aussi, t’as de l’arthrose articulaire dans le dos. 

Ha bah voilà, maintenant on sait pourquoi que j’avais mal à mon dos et mes jambes ! Spéciale dédicace à Docteur Perplexe qui va recevoir ce compte-rendu à l’hosto et qui verra qu’en effet, le scanner n’a pas du tout aidé à savoir ce que j’avais. Dans ta face.

J’amène tout ça chez mon généraliste qui me fait une ordonnance de cortisone (parce que mes anti-inflammatoires me donnent la chiasse, donc si on peut s’éviter un cumul d’emmerdements, ça m’arrange) et me dit de revenir avec mon IRM la semaine suivante.

Quand j’arrive pour le passer le mec me demande si je suis stressée. Je suis tellement défoncée par les médocs que je risque de m’endormir, lui dis-je. Une fois dans le tube, avec ma pompe d’alerte dans la main et mon casque atténuateur de bruit sur les oreilles, je somnole presque, tout en me disant que le bruit de l’IRM ressemble à un disque rayé de mauvaise techno.

Les résultats confirment la hernie et m’annonce même qu’il y en a trois. J’ai l’impression d’être Phoebe qui apprend qu’elle attend en fait des triplés.

Retour chez le généraliste, qui me dit que ouais, c’est pas top pour une nana de 30 berges d’avoir un dos aussi moisi. Il m’envoie demander son avis à un neuro-chirurgien, pour savoir si on m’opère de mon merdier ou pas.

Docteur Briseur de Rêves en Cascade

On en est à la quatrième semaine de douleurs. Leurs intensité a passablement diminué grâce à la cortisone et aussi au repos que je me suis imposé : ma maison est en bordel, j’ai 6000 lessives en retard mais comme j’étais obligée de rester allongée, j’ai bien regardé les deux saisons d’Orange Is The New Black. Mais maintenant, j’arrive à ne prendre aucun médicament et à supporter d’avoir une douleur persistante dans le bas du dos et la fesse gauche.

Quand je me pointe chez Docteur BDREC (ça ira plus vite), je sais pertinemment qu’il ne va pas m’opérer mais j’ai quand même espoir qu’il choisisse la chirurgie pour mon cas, histoire d’en finir avec des années d’emmerdes dorsales. Il fait le tour de mon cas avec moi, m’examine, regarde les résultats du scanner, m’explique où est située ma hernie la plus importante et les risques qu’elle a pour ma santé…bref, on fait bien le tour de la question ensemble.

Et il m’annonce que :

– Je ne vais pas me faire opérer, je suis trop jeune et pour les hernies discales, plus tard on opère, mieux c’est.

– En terme de traitements, je vais pouvoir faire de la kiné, peut-être des infiltrations et peut-être aussi prendre des anti-douleurs si nécessaire.

– La hernie peut se résorber comme elle peut aussi dégénérer à tout moment et me redonner une crise comme celle d’il y a un mois. You’ll never know !

– Ce qui signifie que je n’ai pas fini d’avoir mal et que je vais devoir apprendre à vivre avec mon dos malade.

– Et enfin, qu’il faut que je privilégie une activité physique douce (piscine, marche rapide, éventuellement course si je n’ai plus mal) qu’il faut que j’évite tout sport qui peut me faire mal au dos comme le golf, le tennis, la danse, le fitness…et surtout le roller derby.

Et c’est à ce moment-là que je lui ai dit, avec une sincérité comme jamais je n’ai pu en avoir :

Putain, je vais chialer.

Parce qu’à ce moment-là, la pire nouvelle qu’il m’annonce, c’est pas que je vais devoir vivre avec de la merde dans ma colonne jusqu’à ce que la douleur soit si insupportable qu’il soit obligé de m’ouvrir pour me soulager, ni que je vais devoir me taper des séances de kiné ad vitam aeternam pour apprendre à ma tenir correctement ou me taper des traitements plus ou moins douloureux pour m’aider, non.

La vraie mauvaise nouvelle, c’est que je vais devoir arrêter le seul et unique sport que j’ai jamais pratiqué avec assiduité et passion. 

Dans ma tête, la maman de ce bon Docteur BDREC a pris très cher à ce moment-là.

And next ?

Maintenant, on en est au stade où je dois encore retourner voir mon généraliste pour mettre en place la mission « Réhabilitation du dos de Leeloo ». J’ai RDV la semaine prochaine, je te raconterai.

Concernant le raccrochage de mes patins, je n’arrive pas à m’y résoudre. Je n’ai pas encore repris les entraînements, parce que de toute façon, j’ai encore mal, mais je n’arrive pas à accepter l’idée que je ne reprendrai jamais. Je le sais que c’est mort, mais dans ma tête y’a toujours cette petite voix qui dit, « Non mais ça se trouve, d’ici quelques mois, ça le fera et tu pourras reprendre doucement. et puis la saison prochaine, tu pourras y aller bien ! » Je sais qu’elle ment mais je n’arrive pas à ne pas la croire.

Il y a la solution aussi de continuer sous l’uniforme d’arbitre et/ou de NSO, mais j’avoue que pour le moment, ça me frustre trop de ne pas pouvoir jouer. Faut que je digère encore un peu, que j’absorbe l’idée et que je l’accepte.

Je suis encore dans la phase de négociation. Après le déni et la colère. Je vais ensuite me faire une petite dépression, puis je vais accepter.

Faut que je fasse mon deuil, quoi.

Auteur : Leeloo Rocks

Woman, France, writer, blogger, geeky mother, former roller derby player, community manager and communication worker, rock music lover, artists interviewer... and many more things that rhyme with -er !

3 réflexions sur « VDM : J’en ai plein le dos : Partie 2 »

  1. Ou alors tu inventes le roller derby en piscine. Alors OK, tu vas pas vite mais ça peut être intéressant comme look…
    (comment ça « putain, taggle ! » ?)

    J'aime

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