Korn – Album éponyme (1994)

Tous les jeudis, je raconte les albums et les artistes qui ont marqué mon existence et surtout mon adolescence. Du lourd, du dossier, du bon mais aussi du mauvais. Bienvenue dans mes Throwback Thursdays !

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couverture premier album korn 1994

Tous les jeudis, je raconte les albums et les artistes qui ont marqué mon existence et surtout mon adolescence. Du lourd, du dossier, du bon mais aussi du mauvais. Bienvenue dans mes Throwback Thursdays !

Are you ready ?

Lance la vidéo. Vas-y.

Moi, clairement, je ne l’étais pas. Je ne m’attendais absolument pas à me prendre une telle déferlante dans la tronche. Jamais je n’aurai pu imaginer qu’un groupe puisse mettre en musique l’essence même de l’Adolescence. L’essence même de la confusion que je ressentais à l’époque, de la colère, de la rage, du sentiment d’injustice qui me brûlait.

Et pourtant, Korn l’a fait.

En 1994, Jonathan Davis et ses copains sortent le premier album éponyme de Korn. A l’époque, je ne sais même pas qu’ils existent, j’ai 10 ans et mes principaux problèmes sont que mon vélo déraille, ou que je ne peux pas aller jouer chez ma copine mercredi après-midi. Il me faudra attendre environ 4 ans pour découvrir cet album, grâce au grand frère d’une copine qui l’a oublié avant de partir de la maison vivre sa vie.

La voix de milliers d’ados

Quand tu as 14 ans, c’est le grand paradoxe. T’es un gosse, mais tu te sens devenir grand. T’es minuscule mais tu commences à comprendre ce qu’il se passe autour de toi. Tout le monde (les adultes) te voit comme un minot, mais toi, t’es persuadé de tout savoir. T’as le cul entre deux chaises et tu sais pas comment exprimer tout ça. Et c’est à cette époque que tu te tournes vers le rock, qu’au détour d’un chemin musical hasardeux, tu rencontres Korn…

Et c’est comme si tu te rencontrais toi.

Musicalement, je n’avais jamais rien entendu de tel. Des rythmes saccadés, une basse inimitable (Fieldy, dieu du slapping), des riffs musclés, rageurs et ce chant, ce chant…L’expression même de la rage et de la souffrance adolescente.

Lorsque j’écoute Korn, je bouillonne. Jonathan Davis est ma voix. Il exprime tout ce qui ne va pas. Il exprime le mal-être de dizaine de millions d’ados. Des ados qui se font emmerder à l’école. Des ados qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Des ados qui vivent des situations familiales compliquées. Des ados qui sont en colère contre tout et tout le monde. Des ados qui ne se sentent pas compris ni écoutés.

Il libère une parole qui ne trouvait pas ses mots.

En racontant ses propres difficultés adolescentes, en exorcisant ses propres démons, Jonathan Davis m’a permis d’exprimer les miennes et de les surmonter. En 12 titres, Korn explique aux ados qu’ils ne sont pas seuls et leur fait comprendre que ça finit par passer. Un véritable psy musical. Vachement mieux que de devoir raconter tes incertitudes à un inconnu.

20 ans après…

Il continueront comme ça pendant plusieurs albums : Life Is Peachy, Freak On A Leash et Issues, qui marquent, pour moi, les grandes années Korn. Des albums cultes, enragés, où le « son Korn » est encore. Un son qui commence à se dissiper à partir d’Untouchables, à s’effacer au rythme des changements de line-up du groupe aussi, avec le départ du batteur David Silveira et ensuite, du guitariste Head (qui reviendra en 2013 au sein du groupe, après des années de repentance religieuse et un album pas si dégueulasse malgré son influence très « Jesus va te sauver, jeune brebis égarée »).

Alors qu’ils fêtent leur 20 ans de carrière, j’avoue, je les ai un peu perdu de vue. Comme eux, j’ai vieilli, j’ai changé. Leur musique a évolué et je n’ai pas forcément suivi. Ça ne m’a plus forcément autant parlé.

Mais, pour moi, Korn restera toujours le Mercurochrome de mon âme d’ado. Et je garderai toujours le souvenir de la première fois que je les ai vu en concert. Lorsqu’ont résonné les premières notes de « Blind« , qu’ils jouent toujours à la toute fin du concert, et qu’au premier coup de cymbale, une communion parfaite s’est produite dans la salle. On attendait tous ce moment, entendre le premier morceau du premier album de Korn en live.

Parce qu’on avait tous une petite cicatrice que Korn avait soigné.

 

Bonus track :

Le jour où j’ai pu parler à Fieldy. Vidéo Dailymotion.

Auteur : Leeloo Rocks

Woman, France, writer, blogger, geeky mother, former roller derby player, community manager and communication worker, rock music lover, artists interviewer... and many more things that rhyme with -er !

3 réflexions sur « Korn – Album éponyme (1994) »

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